Free abuse t’il de son image de chavalier blanc?

Bouygues Telecom réclame cent millions d’euros de dommages et intérêts à Free Mobile pour « dénigrement et concurrence déloyale ».

Xavier Niel, patron d'Iliad, la maison mère de Free. © Christophe Morin / MaxpppXavier Niel, patron d’Iliad, la maison mère de Free. © Christophe Morin / Maxppp

Cent millions d’euros ! Ou plutôt, 98,8 millions : Bouygues Telecom en a assez de la communication de Free Mobile et veut fermer le clapet du trublion, en réclamant cent millions d’euros de dommages et intérêts. L’opérateur a déposé une « assignation à bref délai » pour « dénigrement et concurrence déloyale ». Les arguments sont encore flous, et Bouygues a refusé mercredi de nous éclairer à ce sujet, tout en confirmant l’existence de la plainte, révélée par Challenges. Mais le fait que l’assignation à bref délai ait été autorisée par le président du tribunal indique que l’urgence peut justifier une dérogation au délai légal de quinze jours (valable dans une procédure classique).
Parmi les actes de guerre qui pourraient expliquer une telle action, on trouve notamment les publicités de Free qui martèlent au consommateur qu’il est un « pigeon » ou une « vache à lait » s’il est abonné ailleurs (voir la vidéo ci-dessous). Bouygues a d’ailleurs évoqué une « campagne de dénigrement »…, même si les spots ne sont pas choquants d’insolence. Il y a aussi cette plainte d’Iliad, maison mère de Free, contre Didier Casas, secrétaire général de Bouygues Telecom, pour « diffamation » après des propos tenus dans Les Échos qualifiant l’infrastructure Free Mobile de « réseau vide ». Une affaire qui frise désormais le ridicule, puisque la journaliste des Échos, Solveig Godeluck, et son directeur de la publication, Francis Morel, ont été mis en examen.

Le marché a changé, pas l’attitude de Free

Le « réseau vide » : un constat qui se défendait largement début 2012 (et que nous avions évoqué), puisque, dans les mois suivant son lancement, Free Mobile avait utilisé beaucoup plus que prévu le réseau de son partenaire Orange. Lors de nos tests, il était fréquent d’être connecté à une antenne-relais Free mais d’être basculé sur une antenne Orange au moment de passer un appel… Free a alors profité du soutien inconditionnel de l’Arcep, le gendarme des télécoms, pour ne pas être trop durement évalué sur ses engagements de couverture…
L’argumentation de Free Mobile dans ses publicités était justifiable début 2012, lors de son lancement : les opérateurs historiques s’entendaient alors sur leurs prix et enfermaient presque toujours le consommateur dans des engagements de deux ans. Mais, près d’un an plus tard, les concurrents ont tous réagi en proposant des offres low cost, parfois plus intéressantes que Free sur certains segments. La guerre contre le modèle de l’engagement à outrance est gagnée depuis des mois… Mais Xavier Niel, qui n’a pas souhaité réagir mercredi, semble vouloir faire croire que tout reste à faire. Quitte à abuser de son image (souvent méritée) de « brave révolutionnaire », forgée avec le lancement en 2002 la box internet à trente euros, sur un marché alors en pleine hibernation, puis avec le lancement début 2012 du forfait mobile illimité à 19,99 euros par mois. Changer le monde, c’est beau ; en abuser, c’est bas…
REGARDEZ Une publicité de Free Mobile, dénoncée par Bouygues Telecom :

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Publié le 12/12/2012, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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